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16 jours d’activisme contre les VBG : Le PAM en action contre les violences faites aux femmes et aux filles à Azozin

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Le village d’Azozin dans la commune d’Adjohoun a été la cible du Programme alimentaire mondial (PAM) au Bénin dans le cadre des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, spécifiquement, la violence faite aux femmes et aux filles. La campagne de sensibilisation grand public s’est déroulée le mercredi 8 décembre 2021 dans l’enceinte de l’Ecole primaire publique (Epp)  d’Azozin. 

« Dans la vallée, la commune d’Adjohoun fait partie des communes où nous avons certaines pratiques liées à la violence basée sur le genre. Nous avons de manière spécifique dans cette localité -le village d’Azozin-, beaucoup de filles qui ne vont pas toujours à l’école, nous avons le phénomène du mariage précoce, etc. ». Yolande Agueh, chargée des questions de nutrition au PAM, justifie ainsi le choix de Azozin pour mener des activités dans le cadre des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre. Hommes, femmes et autorités locales ont été réunis à l’Epp Azozin pour une matinée de sensibilisation. 

La communication a été conduite par la directrice exécutive de l’Ong Femmes agents de développement communautaire (Fadec), Régina Guédou Gbaguidi. Dans une approche interactive et en langue locale, elle a passé en revue avec la population de ce village, les différents types de violence. « On a vu qu’il y a beaucoup de formes de violence qui n’étaient pas connues de la communauté ; il y a des gens qui répètent des gestes, mais ne savent pas que ce sont des manières de violence. C’est avec les échanges qu’ils ont compris. Nous avons rappelé aussi aux femmes les formes de violences sur les enfants surtout par rapport au sexe », rapporte la communicatrice.

La violence genre, une source d’insécurité alimentaire et nutritionnelle 

La communicatrice a aussi abordé avec la communauté, les causes, les conséquences et surtout les approches de solutions pour bannir ces pratiques de leur cité. Régina Guédou Gbaguidi a mis l’accent entre autres, sur la nécessité de se marier à un âge raisonnable et que la femme ait un renforcement économique depuis chez ses parents et qu’elle ait une autonomie financière. « L’autonomie financière d’une femme intervient beaucoup dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle du ménage. Lorsqu’elle n’est pas autonome, elle ne peut pas assurer pleinement son rôle de mère et la sécurité alimentaire au sein de son petit ménage », dira Yolande Agueh. Pour elle, lorsque la fille est envoyée de manière précoce en mariage et n’a pas eu le temps d’apprendre, elle n’a pas les capacités de jouer convenablement son rôle de mère. Du coup, on aura forcément un problème d’insécurité alimentaire et de malnutrition dans son ménage. En effet, la malnutrition n’est pas toujours synonyme de manque de vivres. Elle est liée aussi à la non maitrise des bonnes pratiques de nutrition. Mais « quand bien même on aurait appris l’importance d’une bonne alimentation à une femme, puisque qu’elle a connu plusieurs fois la violence verbale et ne peut pas s’exprimer dans son ménage, elle ne pourra pas avoir le courage d’échanger sur cette question avec le mari ; c’est aussi une source d’insécurité alimentaire et nutritionnelle », souligne la chargée de nutrition au PAM.

Yolande Agueh, chargée de nutrition au PAM

La voix des enfants contre les violences

A cette campagne de sensibilisation à Azozin, le PAM a associé aussi la voix des enfants. Ils ont proposé des messages à l’endroit des parents contre la violence faite aux femmes et aux filles. Les auteurs des trois meilleurs messages – Gracia Logbo, Yolande Whouénazè et Rock Odjo- ont été primés par le PAM. Il y a eu aussi à Azozin, la présence de l’écolier Daniel Sakpè venu de Bonou sensibiliser ses pairs et aussi les parents à contribuer à la pérennisation du programme des cantines scolaires au Bénin. Il a été aussi abordé l’aspect «inclusion» pour l’enrôlement à l’école des filles et des enfants handicapés. 

Ils donnent aussi de la voix contre la violence basée sur le genre

Des engagements pour quitter la zone rouge à Azozin 

La cible du PAM dans cette campagne a été réceptive. « Il y a eu des engagements pris par des personnalités de la communauté et par des jeunes hommes et femmes pour améliorer leurs comportements. Ils ont pris l’engagement d’aller restituer la formation à la maison d’une part et de prendre en compte tout ce qui a été dit, d’autre part», se réjouit la directrice exécutive de Fadec, contente d’avoir semé des graines sur une terre fertile contre toutes les formes de violence basée sur le genre à Azozin.

Blaise Ahouansè

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