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Cantine scolaire au Bénin : Le chemin de retour des filles à l’école à Djègbamè

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De 67 enfants dont 27 filles (soit 40,30%) en 2018, l’effectif de l’école primaire publique de Djègbamè dans la commune de Ouidah au Bénin est passé à 117 puis à 253 dont 139 filles (soit 54,94%) en 2021. La nouvelle courbe de la scolarisation dans ce village à 60 kilomètres environ de Cotonou trouve sa source dans les cantines scolaires, l’arme qu’a brandi le nouveau directeur, arrivé en 2018, pour convaincre les parents au retour de leurs filles à l’école.

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« A mon arrivée, l’école était dans une situation pratiquement désastreuse ». En 2018, Cyriaque Gnonlonfoun est nommé à la direction d’une école où il se retrouve avec un effectif de 67 apprenants dont 27 filles pour l’ensemble des 6 classes, l’école primaire publique Djègbamè dans la commune de Ouidah. Pourtant, dans les statistiques, cette même école avait enregistré des effectifs entre 250 et 300 écoliers et écolières. « Qu’est-ce qui s’est passé entre temps ? » « Des parents retiraient leurs enfants de l’école ; beaucoup de parents préfèrent les enfants notamment les filles à la maison pour les aider dans leurs activités génératrices de revenus », rapporte le directeur. Trois ans après, il se retrouve fier d’avoir à générer une école dont l’effectif a plus que triplé. 253 enfants dont 139 filles (soit 54,94%) en 2021. 

Cyriaque Gnonlonfoun, le Directeur de l’Epp Djègbamè

Dans l’histoire qu’il nous raconte ce vendredi 8 octobre 2021, il a dû mener une campagne de sensibilisation dans le village. A l’occasion, les cantines scolaires ont constitué un argument solide dans son discours, à l’en croire. En effet, au nombre des raisons du retrait des enfants de l’école, il y avait aussi des problèmes liés au repas des enfants. « Quand j’allais vers les parents, non seulement je leur expliquais l’importance d’envoyer et de maintenir une fille à l’école mais surtout compte tenu des problèmes qu’ils posaient, je leur expliquais qu’on a désormais la cantine scolaire et que c’est pour eux que le gouvernement à doter leur école d’une cantine scolaire qui fonctionne désormais tous les jours de classe. Beaucoup de parents ont été convaincus et ont commencé par renvoyer leurs enfants à l’école », s’en réjouit le directeur. 

Djègbamè, la convoitise pour le repas scolaire et les avantages autour

Certes, Djégbamè avait la cantine scolaire depuis 2008 mais non seulement le programme a été renforcé par le gouvernement à travers le Programme national d’alimentation scolaire intégré (Pnasi) mais aussi, dans cette école, d’autres partenaires locaux accompagnent le nouveau directeur dans sa gestion. L’école a reçu l’accompagnement d’une Ong qui a décidé de prendre en charge la contribution journalière de 50 F de toutes les filles pour la cantine. Du coup, les parents ne se font plus de souci pour le repas de leurs filles à midi. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’il y a plus de filles que de garçons dans cette école. Pour ça, certains parents retirent même leur enfant d’autres écoles pour les inscrire à Djégbamè. D’autres enfants en réclament. Roseline Akakpo, venue de Ekpè pour Djègbamè cette année, ne regrette pas son choix. Après les vacances à Houndo, un quartier de Djègbamè, Roseline a décidé d’y rester pour l’année scolaire au regard des biens que ses amis disaient de cette école surtout au sujet de la cantine scolaire puisqu’à Ekpé, elle n’en avait pas. 

Elle relève d’autres avantages. « Après le repas, je reste ici. Je me repose et au moins je peux lire un texte et commencer par faire les réponses avant de continuer les cours à 15h. A Ekpè, chaque midi, je retourne à la maison, la voie est longue, je ne pouvais pas faire tout ça », témoigne la jeune fille de 12 ans. « A midi, on mange, on se repose puis on révise nos leçons. A 15h, si on nous désigne pour réciter les leçons, on récite tout », confirme sa camarade de classe, Urielle Dovonou. Tout ceci se passe sous l’encadrement toujours des enseignants. « C’est cela qui a permis les bons résultats que nous avons eus », avoue le directeur.

Quand elles n’ont plus accès à la cantine

C’est un ensemble de privilèges que Pierrette Houédaho regrette n’avoir plus une fois au Collège cette année. « Au collège, on n’a plus la nourriture chaque midi. L’école est à 15 km. Je prends 150f pour acheter à manger mais la nourriture est petite. Pour la cantine, c’était plus beaucoup », raconte l’ancienne écolière de l’Epp Djègbamè. La cantine scolaire, la jeune collégienne en classe de 6ème au Collège d’enseignement général (Ceg) Houakpè Daho à Ouidah en veut encore et toujours. « Si Talon -le président de la République du Bénin, ndlr- peut nous donner la cantine au collège, je serai très contente », exprime Pierrette. 

Blaise AHOUANSE

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