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Repas dans les écoles primaires publiques au Bénin: Dans les coulisses de l’hygiène autour des cantines scolaires à l’ère de la Covid-19

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Le Programme national d’alimentation scolaire intégré (Pnasi) au Bénin, au-delà d’assurer un repas chaud, riche et équilibré aux écoliers et écolières des écoles primaires publiques chaque jour de classe, se préoccupe aussi de la préservation de la santé des bénéficiaires à travers l’hygiène autour de tout le système. A la découverte du dispositif en marche à cet effet.

Un repas chaud servi dans des bols bleus propres par des bonnes dames en blouse bleue, la tête soigneusement couverte, la bouche et le nez protégés par un masque. Chaque midi des jours de classe, écoliers et écolières dans près de 4.000 écoles bénéficiaires du programme des cantines scolaires au Bénin ont du plaisir à déguster leur plat. Aux environs de 9h ce matin du mercredi 29 septembre 2021 au complexe scolaire Tokoli dans la commune de Tori Bossito, le processus est déjà en cours pour ce rendez-vous journalier de midi.A la cuisine, tout est propre depuis la tenue portée par les bonnes dames surprises à l’œuvre jusqu’aux aliments en passant par les ustensiles et le cadre. C’est une routine, d’après dame Nakpokouan Dougbésè, présidente des femmes à la cuisine dans cette école depuis trois ans. Elle nous raconte quelques règles d’hygiène qu’elle suit avec ses collègues. « Déjà chez nous, nous nous douchons bien ; nos habits pour venir ici doivent être propres ; nos cheveux ne restent jamais non couverts à la cuisine. Avant de rentrer à la cuisine, nous nous lavons les mains. En ce temps de coronavirus, le cache nez est obligatoire. Nous tenons toujours propres les marmites, les bols et tout ce que nous utilisons à la cuisine. Les aliments crus sont soigneusement lavés avant la cuisson », décrit la présidente en langue Fon. Pour elle, le leitmotiv, c’est « qu’aucune maladie ne trouve chemin d’accès à nos enfants à travers les cantines scolaires ».

Elle sera appuyée par le témoignage du président du Bureau de l’Association des parents d’élèves (Ape), Bertin Zounlogbé. D’après le président, en plus de ces mesures, il est interdit à ces dames de venir à la cuisine avec des enfants ou d’amener des bols depuis la maison. Pour sa part, Martin Magbondé, le directeur de l’école indique que l’hygiène autour de la cantine scolaire dans son école commence depuis le magasin. « Il faut d’abord assurer une hygiène autour de l’entreposage des vivres dans le magasin pour éviter que les rats les détruisent. Pour ce fait, on réalise une aération, on évite que les vivres soient collés au mur puis on balaie tous les jours. C’est après qu’on peut parler de cuisine », expose-t-il.

Tout ceci n’est que la mise en application des directives du Programme alimentaire mondial (PAM) à travers des Ong avec lesquelles l’institution a contracté pour la gestion à la base des cantines. Landry Agnantomey, superviseur couvrant les communes de Tori Bossito, Kpomassè et Allada informe que dans le Pnasi, l’hygiène est un facteur primordial. « Si l’hygiène y est, l’aliment préparé est sain, les enfants vont se porter en bonne santé, de même que tout ceux qui travaillent dans ce programme », explique-t-il. « Et ce n’est pas seulement la propreté au niveau de la cuisine. Il y a l’assainissement de l’école même », ajoute-t-il.

Sous l’égide du PAM avec la règle des 5M

Tout ceci n’est que la mise en application des directives du Programme alimentaire mondial (PAM) à travers des Ong avec lesquelles l’institution a contracté pour la gestion à la base des cantines. Landry Agnantomey, superviseur couvrant les communes de Tori Bossito, Kpomassè et Allada informe que dans le Pnasi, l’hygiène est un facteur primordial. « Si l’hygiène y est, l’aliment préparé est sain, les enfants vont se porter en bonne santé, de même que tout ceux qui travaillent dans ce programme », explique-t-il. « Et ce n’est pas seulement la propreté au niveau de la cuisine. Il y a l’assainissement de l’école même », ajoute-t-il.

Ces directives sont en effet en droite ligne avec la règle des 5M : Matières premières – Matériel – Main d’œuvre – Méthode – Milieu, d’après Eunice Nago Koukoubou, Expert en Nutrition et Sécurité Alimentaire au PAM. « En ce qui concerne les matières premières et produits, il est important de s’assurer de la qualité des vivres dès réception, respecter la règle du FIFO (First-In, First Out), ne rien poser directement au sol, entreposer sur les étagères, ranger les produits liquides en-dessous des produits secs et recouvrir si possible, étiqueter les vivres et bien les aérer, les entreposer à l’abri de l’humidité et à une distance > 30 cm des murs et du sol », expose-t-elle. La Méthode de travail, concerne, elle, le déploiement des bonnes méthodes pour empêcher la contamination, la multiplication bactérienne et la recontamination. « La protection contre les contaminations passe par la vérification de l’intégrité des emballages à la réception (sac déchiré, poids non conformes, …), le fait de couvrir les produits stockés : couvercle, film, papier, …pour les protéger des contaminations et le fait de séparer les produits sales/propres, emballés/non emballés, allergènes/ non allergène, …. », nous explique l’expert.

Elle indique que pour le Milieu, il faut entretenir les abords immédiats de la cuisine, laisser portes/fenêtres ouvertes de temps à autre (Magasin par ex), protéger les produits, éliminer les déchets et les poubelles régulièrement, nettoyer régulièrement les infrastructures, stocker les produits/ustensiles à 30 cm des murs (étagères) et assainir également le cadre scolaire. En termes de Matériel et équipement, il s’agit de laver et maintenir toujours propres la batterie de cuisine (marmites, louches, écumoire… ; des couverts et autres, les laver avec de l’eau et du savon et rincer à grande eau, désinfecter ou faire bouillir le couvert utilisé par différentes personnes après chaque usage (ex : cuillères et fourchettes). Enfin, pour ce qui concerne la Main d’œuvre, il faut noter que la main est une source de contamination. De ce fait, il faut le lavage fréquent et soigneux des mains, la disponibilité des lave-mains bien équipés, l’absence de bijoux pour faciliter le lavage. Il faut également des vêtements de travail propres.

Cantine et Covid-19

En ce temps de Covid-19, le renforcement de ces règles est de mise en plus du respect des gestes barrières. « Avec le Covid-19, il faut accentuer parce que les bonnes dames quittent la communauté. La sensibilisation est renforcée pour que ces dames respectent les gestes ordinaires d’hygiène et anti-Covid non seulement à l’école mais aussi en communauté ». Sur le terrain, ce sont les agents des Ong partenaires qui y veillent. Le président de l’APE de Tokoli avoue être heureux de ce qu’il observe à la cuisine en termes de propreté et de soin autour des repas chaque jour.

Le plaidoyer soutenu des dames à la cuisine des cantines scolaires

Dans tout le dispositif d’hygiène autour des cantines scolaires, la présidente des femmes cuisinières de Tokoli, demande l’aide du PAM et de l’Etat béninois pour leur prise en charge sanitaire. Il s’agit plus précisément de la visite médicale, à en croire, le directeur Martin Magbondé. « Dans nos écoles, avant qu’on ne permette à une femme de préparer et de servir les repas de 10 heures à nos enfants, on veille à ce qu’elle aille faire une analyse médicale. Laquelle analyse révèle si elles sont bien portantes et idem de toute maladie et peuvent servir les enfants. Ça doit être pareil pour les dames dans les cuisines des cantines scolaires », soutient le directeur. « C’est la première des choses à satisfaire », insiste-t-il.

Aux dires du chargé de programme de Fadec dans l’Atlantique, Patricia Guidi, c’est une étape prévue dans le Pnasi. Mais face à l’incapacité financière de ces femmes à prendre en charge les frais des analyses, cette étape n’est pas effective. Dans ce volet, les acteurs à la base n’ont pas toujours l’accompagnement des autorités sanitaires, à en croire le superviseur Landry Agnantomey. « Je demande aux acteurs sanitaires de mettre la main à la pâte dans ce programme, de s’activer pour ce volet. Je souhaiterais que l’instruction vienne du ministère de la santé » plaide-t-il. « C’est vrai que pour la cantine, on pense beaucoup plus aux enfants mais sans les bonnes dames on ne peut pas réussir cette mission à l’endroit des enfants. Donc que l’Etat central pense aussi à une prise en charge sanitaire de ces femmes pour leur permettre de se faire soigner à moindre coût », renchérit le directeur. La préoccupation est déjà inscrite dans les réflexions du PAM, d’après Patricia Guidi. « C’est un grand souci pour le PAM aussi ».

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