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Anne AKINOMI ANIAMBOSSOU, Présidente de la Fondation LE BÂTISSEUR :« Nous réinventons carrément le concept de l’Education »

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S’il y a aujourd’hui au Bénin un établissement privé qui  joint la formation académique à celle professionnelle depuis les cours  primaires, c’est bien la Fondation LE BÂTISSEUR située à Adjagbo dans la commune d’Abomey-Calavi, précisément dans la rue après la Pharmacie FIFAME. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce régime de formation, nous sommes allés dans la soirée de ce lundi 21 Août 2023, à la rencontre de la Présidente de la Fondation LE BÂTISSEUR, Madame Anne AKINOMI ANIAMBOSSOU.  Elle explique. Lisons plutôt !

LE CHASSEUR INFOS : D’où est née l’idée de création de l’ICAB et de l’ICAMEB?

D’abord, l’ICAB est l’Institut Chrétien Académique  Bilingue  LE BÂTISSEUR (ICAB). C’est un collège privé d’enseignement  général où l’enseignement académique est couplé avec la formation professionnelle. Là, les enfants depuis la  maternelle jusqu’en Terminale apprennent un métier tout en étudiant. Quant à l’ICAMEB, il est l’Institut  Chrétien des Arts et Métiers du Bâtisseur. Ce volet de l’institut s’occupe des enfants déscolarisés qui veulent simplement apprendre le métier ou des diplômés ayant fini leur études et qui souhaitent faire une formation professionnelle. C’est le volet ICAMEB qui s’occupe de cela.

Pour revenir à la question, c’est une vision qui découle d’un constat qu’a fait le Président fondateur de la Fondation LE BÂTISSEUR, le feu ANIAMBOSSOU Boris qui a constaté une certaine dépravation avancée de la jeunesse. C’est pourquoi d’ailleurs le centre est un centre chrétien où nous inculquons des valeurs morales sur la base de la bible aux enfants. Il ne suffit pas  seulement de leur  enseigner des notions académiques, mais également de leur inculquer des valeurs morales devant leur permettre à la fin de leurs études, de jouir de leur formation. C’est pour cela d’ailleurs que nous couplons   les études académiques avec la formation  professionnelle. Nous avons compris que l’enfant qui n’a pas plusieurs cordes à son arc va vite fléchir face à une affaire de corruption. Mais avec les valeurs qu’il recevra ici, il sait qu’il ne le fera pas. s’il doit démissionner de cette structure , il doit aussi savoir qu’il a un métier secondaire qu’il a appris et qui pourra le servir. C’est donc pour régler ce problème de société que ce régime de formation a été instauré.

Pourquoi l’appellation Fondation LE BÂTISSEUR?

Nous sommes une Fondation chrétienne et LE BÂTISSEUR  en réalité signifie ‘’Yawhé’’ en mina (Dieu l’Eternel). C’est un Centre où les vies sont bâties par l’Eternel, lui-même. Nous ne sommes donc que des instruments qu’il utilise pour bâtir les enfants qui sont placés entre nos mains. Il faut préciser que La Fondation a trois  domaines d’activités. Il y a le côté Agriculture qui est un domaine à part et qui livre depuis des années des produits dans de grands supermarchés de la place comme EREVAN BENIN, puisqu’il y a des ménages qui ne consomment que des produits bio. C’est ce volet qui s’occupe de la formation des enfants en agriculture biologique. Le deuxième volet de la Fondation est  le Centre d’éducation chrétien qui s’occupe de la vie spirituelle des gens et surtout des jeunes. 

Le troisième volet est l’institut qui est subdivisé en deux. Il s’agit de l’ICAB et l’ICAMEB. L’ICAB s’occupe de la formation académique et professionnelle et l’ICAMEB qui fait la formation professionnelle pure. C’est dire que celui qui est inscrit à ICAMEB  ne fait plus la partie académique.

On constate que vous en avez fait une formation académique  spéciale facilitant le double emploi à l’apprenant. Comment se déroule ce régime de formation dans votre institut ?

La formation repose sur une organisation. Nous arrivons à lier les deux formations et arrivons même à finir nos programmes dans le délai pour poursuivre avec les travaux dirigés pour les candidats. Aucune des  deux formations n’est bâclée. Car, il y des jours réservés aux métiers et aux cours académiques. La formation démarre depuis la maternelle. Mais à ce niveau, on ne force pas trop les enfants. Ils s’amusent beaucoup mais prennent déjà connaissance des outils et les objets. Tout se passe dans l’amusement et je peux vous assurer qu’ils apprennent. Donc la maternelle et le CI ne sont pas mélangés aux plus grands.

A partir du CP, les choses deviennent sérieuses. On discute avec les parents et l’enfant choisit un métier. Dans tout le primaire, précisément  du CP au CM2, rien n’est définitif. L’enfant peut faire la Cuisine-Pâtisserie cette année et l’année suivante, il peut  décider  d’aller à la Haute Couture et en Agriculture, deux ans après. Mais en 6ème , il doit faire un choix définitif, parce que avant de quitter les bancs, il doit maitriser et passer l’examen du Certificat de Qualification aux Métiers (CQM) dans ce métier en trois ans. On leur accorde des stages obligatoires dans d’autres centres pendant les vacances.  

Avez-vous reçu l’approbation de l’Etat pour ce régime de formation ?

Nous avons une autorisation en bonne et due forme pour ce régime de formation. Nous avons opté pour ce régime parce que nous pensons qu’il ne faut pas limiter les enfants dans leur formation. L’enfant qui ambitionne devenir médecin peut au même moment aimer la couture. On lui permet de faire la série D qu’on couple avec la couture. Avant son BAC, il aura le CQM en couture et après le BAC, il peut faire la médecine.

Quelles sont les offres de formation et filières  de votre établissement ?

En terme de filières de formation, nous avons l’Agriculture biologique, la Haute-Couture, la Cuisine-Pâtisserie-Restauration, l’Electricité bâtiment, la Maçonnerie, l’Informatique, le Graphisme…..Nous avons aussi d’autres filières en perspectives et on s’y prépare.

Vous avez aussi fait du bilinguisme une priorité. Parlez-nous-en

Depuis la maternelle, nous apprenons l’anglais aux enfants puisque c’est une langue qui s’impose à tout le monde. Nous mettons beaucoup plus l’accès sur le parler au primaire. C’est pourquoi, ce sont des professeurs anglophones qui interviennent dans l’institut.

Si un parent doit inscrire son enfant dans votre établissement, quels sont les atouts qui pourraient le motiver à venir à  l’ICAB ?

Au fait, l’ICAB n’est pas une école comme les autres. Nous réinventons carrément le concept de l’éducation. Nous ne nous arrêtons pas sur le fait d’enseigner l’enfant, mais nous éduquons l’enfant dans tous les domaines pour son bien-être. Nous avons par exemple les cours de coaching de façon hebdomadaire. Il y a un coach recruté qui vient entretenir les enfants sur le développement personnel. Donc les enseignants qui n’ont jamais enseigner dans  notre institut, témoignent du comportement exemplaire des enfants  et de leur éducation .

L’enseignement biblique est aussi le grand atout qui nous caractérise.  Nous avons également  la possibilité d’occuper l’enfant dans l’école jusqu’à 18h30 en respectant bien sûr sa  pause de midi. On les fait se reposer à midi quand les parents ne sont pas à la maison. On les occupe à faire des exercices selon la programmation.

Comment se déroule le système de l’internat dans votre école ?

Nous avons un internat et ça se passe bien. Très souvent quand les parents viennent inscrire leurs enfants ils s’inquiètent disant que les enfants à l’internat copient de mauvaises habitudes. Nous leur conseillons d’essayer avec l’ICAB pour faire la comparaison. Mais, je peux vous assurer que quand un enfant rentre à l’internat en septembre, quand il va en congés des fêtes de fin d’année, les parents nous appellent pour nous féliciter de l’encadrement qui a changé l’enfant. En effet, ce sont souvent les enfants qui créent de difficultés aux parents qui sont envoyés. Mais ils témoignent toujours du changement de l’enfant. Vous pouvez prendre des rendez vous avec les parents pour avoir leurs témoignages. Les enfants changent parce que nous sommes permanemment avec eux.

Nous ne nous arrêtons pas seulement avec la prière. On cause avec eux en les mettant à l’aise. Quand nous constatons qu’un enfant a de soucis et se met à l’écart, on l’écoute pour l’assister. Tout ceci les transforme et ils participent aux programmes spirituels.

Les enfants quittent la plupart du temps quelles localités pour votre école?

Ils quittent n’importe quelle localité. On a gardé des enfants qui ont quitté Porto Novo, Cotonou. Il y a même des enfants qui sont à Abomey-Calavi  ici, mais les parents disent qu’il y a de mauvaises fréquentations et ils le mettent ici.

Est ce que vous êtes assistés de psychologues ou c’est vous même qui vous organisez  pour cet encadrement?

C’est nous-même qui nous organisons le travail sous cet angle. Le coach qui travaille avec eux est quelqu’un qui a suivi une formation dans le domaine. Nous sommes aussi en partenariat avec quelqu’un d’une réputation nationale dans ce domaine qui probablement dès la rentrée prochaine va rejoindre l’équipe .

Vu votre scolarité avec le contenu que vous offrez, ne pensez-vous pas que le coût est très bas, à comparer avec d’autres établissements de la place ?

On ne peut pas dire qu’on va faire payer aux parents tout ce qu’on fait parce que c’est comme une aide. Il y a beaucoup de domaines que la Fondation a déjà subventionnés. Si on doit faire payer aux parents tout ce qu’on fait, tous les parents ne peuvent pas avoir accès. Or notre soucis est que tous ceux qui sont dans le besoin puissent avoir accès à tout ce que nous faisons. 

Quel est le taux de réussite ?

L’école depuis sa création fait toujours de 100% au CEP, au BEPC . Cette année a été notre première participation  au BAC. Nous avons eu en série D, 100%, en B, 100%. De façon globale avec les séries restantes, nous avons eu 77,77%. Donc nous avons eu toujours de bons résultats. Cela découle de la quantité de l’encadrement et la qualité de nos enseignants. Car nous prenons souvent des enseignants ayant une bonne certification, des CAPES, BAPES, MASTER et des docteurs dans leur domaine. Donc ils savent ce qu’ils doivent faire. La chose est organisée de telle façon que nous avons des AE dans chaque discipline si bien qu’avant chaque composition l’enseignant ne se lève et propose ce qu’il veut mais il propose et l’envoie à son AE qui voit et apprécie. Si ce n’est pas conforme aux normes, il revoit et on valide avant la date de composition. Notre particularité aussi est que les épreuves de nos examens blancs ne sont pas proposées par nos enseignants d’ici. Ils donnent juste le niveau de progression. C’est d’autres enseignants qui proposent et corrigent. Ce qui révèle le niveau réel de l’enfant. Et là, si un enfant a de faiblesse quelle que part, ça nous interpelle et rapidement on corrige cela. Et il faut reconnaître que nous finissons vite le programme pour pouvoir mettre le temps de révision à profit. 

Les enfants qui font les séries professionnelles vont ils en stage ?

Oui, ils vont en stage. Nous leur délivrons des lettres de mise en stage et les parents se chargent d’envoyer les enfants afin de  contrôler avec nous si nous faisons du bon boulot . Dans le cas échéant ça va ressortir là-bas. Il est vrai que nous avons des partenaires. 

Et les parents qui ne trouvent pas de stage à leur enfant comment gérez-vous ces cas?

Oui, ces cas reviennent. Mais c’est minime. Le problème se pose souvent en agriculture biologique. C’est des centres qui font de la pure écologie. Donc c’est rare ou soit c’est loin et le parent dit qu’il ne peut pas le laisser. Ces enfants nous reviennent. 

Le ministre a dit qu’il va toujours maintenir la dictée dans les évaluations. Quelle est votre position sur cette décision ?

La dictée se fait chaque matin à 07 heures. C’est la première chose que nous faisons ici. Le français c’est la base de tout. Si l’enfant ne maîtrise pas le français il ne pourra pas travailler en mathématiques ni dans les autres matières. Parce qu’il faut qu’il lise et comprenne . 

C’est quand la prochaine rentrée chez vous ?

Elle est prévue pour le 18 septembre prochain. 

Est ce qu’il y a des actions qui sont prévues ?

Déjà le personnel est mobilisé pour le pré rentrée. Certains de nos enseignants sont en formation pour une remise à niveau. Ils vont finir à la fin de ce mois. Nous avons des écoles partenaires avec qui nous nous mettons ensemble.

Est ce à dire que vous avez des enseignants permanents?

Oui, nous avons des enseignants permanents dont les enseignants du primaire naturellement. Même au secondaire nous avons des enseignants permanents. 

Que direz vous aux parents à la veille de cette rentrée ?

Nous dirons aux parents de se rapprocher de nous. Car , nous avons des conditions très intéressantes selon le cas parce que en réalité nous sommes une Fondation, un institut chrétien donc nous aidons. Vous savez qu’il y a des parents de plusieurs couches sociales dans la société.  Il y a d’autres qui disent que ce n’est pas fait pour eux alors qu’ils sont dans le besoin. Qu’ils se rapprochent de nous car nous le faisons au cas par cas. Nous comprenons, nous aidons , nous accompagnons. Nous donnons des bourses. Les orphelins sont souvent très priorisés. Nous donnons des bourses, des demi bourses même des bourses entières.

Propos recueillis par Emmanuel GBETO

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