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Projet RECOBA : Le PAM concrétise l’achat de maïs auprès des petits producteurs au Bénin

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De petits producteurs agricoles béninois ont désormais accès au marché du Programme alimentaire mondial (PAM) pour l’écoulement de leurs produits. Grâce au projet Résilience Covid-19 Borgou et Alibori (RECOBA) financé par la Coopération Suisse, le PAM leur ouvre son marché notamment pour l’achat du maïs, et ce, pour le compte surtout du Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI) au Bénin dont le taux de couverture des écoles passe à 75% dès avril 2022. Le lancement officiel de l’achat auprès de ces producteurs locaux a eu lieu dans la matinée du mardi 29 mars 2022 à Bembèrèkè. C’est suite à un processus d’appui et de renforcement de capacités au profit de ces producteurs pour leur compétitivité en qualité et en quantité. 

Les membres de la Coopérative villageoise de producteurs de maïs SOMINA posant avec une équipe du sous bureau PAM Parakou

« C’est une grande joie. Nous coopératives, on est très content du fait que nous petits producteurs, on ait trouvé un marché. Ça faisait un grand souci pour nous mais aujourd’hui on est dans la joie ». Ibrahim Bio Yérima, le président de la Coopérative villageoise de producteurs de maïs SOMINA dans la commune de Bembèrèkè n’a pas les mots pour exprimer le degré de sa joie en cette matinée du mardi 22 mars 2022 sur la cour de leur magasin de stockage. L’achat du maïs auprès des petits exploitants agricoles par le PAM est officiellement lancé. Le lancement officiel de l’achat a consisté, entre autres, au suivi du processus d’ensachage dans les sacs du PAM. « Ce jour, s’ouvre une nouvelle perspective aux producteurs locaux de maïs qui ont longtemps rêvé de la structuration de ce secteur agricole à l’instar du coton », confirme le maire de la commune de Bembèrèkè, Yaya Garba. 

C’est là, une autre matérialisation de la vision d’appui au développement de l’économie locale portée par le PAM autour du Programme des cantines scolaires que lui a confié le gouvernement béninois depuis juillet 2017. « Outre les repas scolaires et conformément à son plan stratégique pays, le PAM travaille à améliorer la nutrition des femmes et des enfants, à aider les petits exploitants agricoles à améliorer leur productivité et à réduire les pertes post récolte, à aider les pays et les communautés à se préparer et à faire face aux chocs liés au climat et à stimuler le capital humain », rappelle la Cheffe sous-bureau PAM à Parakou, Florence Honvo. « Dans sa vision de faire de l’approche de l’alimentation scolaire basée sur la production locale son modèle, le PAM s’emploie à réorganiser sa chaîne d’approvisionnement en vivres ; il entend étendre ses projets de soutien à la production agricole. Cela consiste en un appui aux petits exploitants agricoles pour qu’ils disposent de vivres de bonne qualité, diversifiés et à temps pour la continuité du programme de cantines scolaires et des distributions dans le cadre des urgences », a souligné, la représentante du représentant résident du PAM au Bénin.

La concrétisation dans le cas d’espèce est le fruit du partenariat entre le PAM et la Coopération Suisse dans le cadre du projet Résilience Covid-19 Borgou et Alibori (RECOBA) constitué de plusieurs volets dont l’appui à la production agricole locale. « Au nombre des principales difficultés de nos producteurs, la problématique d’accès aux marchés a été depuis toujours, l’un des facettes limitant pour améliorer leur revenu. Cette initiative du PAM vient donc à point nommé pour soulager la peine de nos braves producteurs », apprécie au nom de la Coopération Suisse, le représentant du consortium SWISSCONTACT-LARES/PASDERS, Broutani Samir.

Bien outillés sur les normes de qualité

Pour la phase pilote de l’achat de maïs auprès des producteurs locaux, quatre coopératives ont été adjudicataires pour 100 tonnes. Elles sont, la Coopérative villageoise de producteurs de Maïs (Cvpm) de Sinawongourou dans la commune de Kandi, la Cvpm Suderana de Gogounou, la Cvpm de Biro dans la commune de Niki et la Cvpm Somina de Pédarou dans la commune de Bembèrèkè. C’est à l’issue d’un processus de formation et d’accompagnements divers auxquels ont pris part plusieurs coopératives. Elles ont bénéficié d’une formation sur les bonnes pratiques de production, les opérations de récolte et de stockage, témoigne la représentante de la Cellule communale de l’Agence territoriale de développement agricole à Bembèrèkè, Rachidatou Tabé. Aujourd’hui, ces coopératives sont inscrites sur la plateforme d’achat des vivres du PAM. « Les analyses ont certifié que les produits de ces Cvpm sont de bonne qualité et respectant les normes sanitaires, donc bons pour la consommation », rassure la Cheffe sous-bureau PAM à Parakou. 

Des engagements pour élargir le nombre de bénéficiaires

Florence Honvo espère bien que le partenariat sera maintenu voire amélioré pour toucher plus de coopératives. A ce propos, Broutani Samir affirme l’engagement du consortium SWISSCONTACT-LARES/PASDERS « à accompagner sans faille, les petits producteurs par la mise en œuvre de toutes les activités leur permettant de respecter les bonnes pratiques de production afin de fournir des vivres de bonne qualité et d’assurer ainsi une alimentation saine aux enfants qui en consommeront dans leurs cantines scolaires ». De même, la représentante de la Cellule communale de l’Agence territoriale de développement agricole à Bembèrèkè a pris l’engagement de continuer à coacher les coopératives restant à se formaliser afin qu’elles puissent répondre aux exigences du PAM. Mais en attendant, elle a exhorté les bénéficiaires de la phase pilote au respect des clauses du contrat afin que les relations soient à long terme. Elle a aussi plaidé pour que le PAM puisse pérenniser ce programme tout en augmentant le tonnage. « Les mots me manquent pour parler. Je demande au PAM que ça ne soit pas la première fois et la dernière fois. Que ça continue », dira le président de la Cvpm SOMINA. Il dit être disposé pour un partage d’expérience avec d’autres coopératives afin qu’elles soient nombreuses à accéder à ce marché du PAM pour le développement de la production locale et pour la pérennisation du programme des cantines scolaires aussi.

Des témoignages 

Ibrahim Bio Yérima, président de la Cvpm SOMINA : Les soucis sont terminés parce que grâce au PAM, on a déjà le marché

Ibrahim Bio Yérima, président de la Cvpm SOMINA

« Dans la coopérative SOMINA de Pédarou, on est des producteurs de maïs, de Soja, etc. Aujourd’hui, je suis très ému. En tant que producteur, tu produits le maïs, tu ne trouves pas celui qui va payer. C’est grave. Aujourd’hui, les soucis sont terminés parce que grâce au PAM, on a déjà le marché. Maintenant, même si on produit n’importe quel tonnage, ils vont payer. Vraiment, j’ai vu aussi la valeur de la coopérative parce que si on est en coopérative, on est soudé, on est plus fort. Avant, on allait en rang dispersé. Ça, je tire chapeau au PAM. On a eu des formations aussi et on a pu suivre les règlements sur comment produire, comment récolter, comment stocker. On est fier. Aujourd’hui, on produit du maïs de bonne qualité et puis les récoltes sont normales. On a eu toutes les formations. C’est une grande joie parce qu’on a des enfants étudiants, des enfants qui sont au collège. Là, en tant que producteur, rapidement tu peux gagner de l’argent pour pouvoir payer la scolarité de tes enfants, et les études vont évoluer. Même pour construire, tu peux gagner de l’argent pour le faire, et pour pouvoir faire d’autres dépenses. C’est vraiment une fierté pour nous. Nous, on tient dure à multiplier nos cultures. »   

Yaya Garba, Maire de Bembèrèkè : Cette opération constitue un levier de développement local

Yaya Garba, Maire de Bembèrèkè

« Cette opération constitue un levier de développement local que doivent saisir nos braves agriculteurs. L’agriculture est le premier secteur économique du Bénin après celui des services. Elle contribue au bien-être de la population et assure surtout la sécurité alimentaire du pays. L’achat de vivre auprès des producteurs locaux apparait incontestablement comme une opportunité, une aubaine à saisir par nos populations qui n’attendaient que cela. C’est donc un marché d’écoulement de vivriers à faire perdurer. Je reste convaincu que cette expérience ouvrira de nouvelles perspectives pour le bonheur de nos communautés. » 

Gounon Bouanré Bida, membre de la coopérative SOMINA :

Gounon Bouanré Bida, membre de la coopérative SOMINA : « ‘’Walaï’’, je suis très contente. Je pense produire plus parce que je sais qu’on va payer. Avec la coopérative c’est bon. »   

Blaise Ahouansè

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