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Cantine scolaire au Bénin: Des repas enrichis qui sauvent de la malnutrition

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Le Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI) se révèle un outil aussi de protection des enfants contre la malnutrition au Bénin où la situation nutritionnelle affiche encore des taux préoccupants et nécessite des solutions innovantes et multisectorielles.

Des milliers d’enfants au Bénin ont, à l’école, une protection contre la malnutrition, le Programme national d’alimentation scolaire intégré (PNASI). Un repas chaud et nutritif est assuré pour chaque enfant chaque jour de classe. Cette initiative du gouvernement béninois mise en œuvre par le Programme alimentaire mondiale (PAM) fait partie des projets qui apportent des solutions nutritionnelles aux enfants. Au Bénin, « la prévalence nationale de la malnutrition aiguë ou émaciation est de 5%. Près de 9,6% de la population, soit environ un million de personnes en insécurité alimentaire avec plus de 80.000 personnes à la phase sévère », selon l’Analyse Globale de la Vulnérabilité et de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle et Système Alimentaire au Bénin réalisée en 2017, (AGVSAN-SA 2017). De plus, il est observé que depuis 2017 au Bénin, par rapport à l’Enquête démographique de santé (EDS) 2017, le retard de croissance global est de 32% », d’après la directrice de la statistique sociale de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD) au Bénin. 

Basé sur une approche intégrée qui allie éducation, santé, hygiène, nutrition et agriculture locale, le PNASI dans ses repas, apportent des nutriments nécessaires de croissance à des écoliers et écolières bénéficiaires dans 3850 écoles. Au-delà des vivres retenus par le gouvernement avec le PAM, c’est à travers aussi des initiatives de chaque communauté ou école bénéficiaire. Ceci, en réponse à la stratégie de pérennisation mise en place par le PAM. Cette stratégie demande que chaque communauté ou école apprenne à contribuer à la cantine scolaire par des initiatives propres. C’est ainsi que dans presque toutes les écoles, il y a des jardins scolaires dont le PAM fait la promotion et noue même des partenariats à cet effet avec d’autres agences du Système des Nations-Unies (SNU) et autres structures nationales et internationales. Les cultures varient et sont choisies selon leurs apports nutritionnels. 

Chaque communauté y va de son inspiration pour le bien-être de ses enfants

A l’Ecole primaire publique de Kongou dans la commune de Kandi, c’est chaque parent qui apportait du sorgho et du maïs pour faire de la bouillie aux enfants à la récréation à 10h, informe le directeur de l’école, Issifou Oly Sanni. Plus loin, cette communauté a décidé de cultiver un champ de maïs et de sorgho afin d’avoir l’autonomie en vivres pour ce petit déjeuner tout au long de chaque année scolaire.

A l’école primaire publique Koukongou dans l’arrondissement de Korontière, commune de Boukoumbé, on assiste à l’élevage de poulet et de pintade et à la culture du niébé, maïs, piment, oignon, chou, tomate ; etc. Dans le département de l’Ouémé, l’Ecole primaire publique Houngon-Djinon dans la commune d’Avrankou fait l’expérience de l’élevage de caille depuis octobre 2020. Dans cette école, la vision est d’accompagner le repas de chaque enfant d’un œuf de caille ; un œuf très riche et équilibré en protéines, vitamines et minéraux. Près de 400 écoliers et écolières en bénéficient. « Ceci vient en appoint pour nous soulager un temps soit peu, surtout pour les protéines (les poissons) que nous achetons », indique le directeur du groupe A Dagbémabou Azankpo. « Ces œufs sont très riches et c’est bienfaisant pour le développement mental des enfants. Ça favorise l’intelligence. Puisque c’est des écoliers, ils en ont besoin », défend le directeur. En plus, la fiente de ces oiseaux, mélangée au compost de bois, permet d’enrichir le sol du jardin de l’école où sont cultivés des légumes, de la tomate et autres produits.Nombreuses sont les écoles où le moringa, le fromage de soja et autres produits sont ajoutés aux sauces.

En plus de ces initiatives qui permettent d’enrichir les repas du PNASI, la quantité permet aussi de lutter contre les déficits en nutriment. Pierrette Houédaho, ancienne écolière de l’Epp Djègbamè à Ouidah, témoigne que le plat qu’elle se paye avec 150 F qu’elle reçoit désormais de ses parents, selon leur moyen, ne lui permet pas de manger à sa faim comme ce fut le cas chaque après-midi quand elle était encore au primaire. Le PNASI, au-delà d’une contribution à l’élimination de la faim, à la sécurité alimentaire et à la promotion de l’agriculture durable participe aussi de l’amélioration de l’état nutritionnel des milliers d’enfants scolarisés. 

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