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EPP Dogohoué-Fikoué: A la découverte d’une expérience de conservation de la tomate qui marche pour la cantine scolaire

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Au tableau des réussites autour du Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI) au Bénin, l’école primaire publique Dogohoué-Fikoué dans l’arrondissement de Kissamey à Aplahoué, seulement dans sa deuxième année de ce programme, se distingue par la mise en place d’une petite unité de conservation de tomate qui se confirme efficace. C’est en réponse pratique et réaliste à une préoccupation d’ordre général qui allait plomber les efforts déployés pour assurer le repas chaud et équilibré aux enfants chaque jour de classe. Au-delà de l’école, la communauté aussi profite de l’expérience.

Vers la fin de l’année scolaire 2021-2022, précisément en avril 2022, l’école primaire publique Dogohoué-Fikoué à Kissamey dans la commune d’Aplahoué reçoit le PNASI. Pour la cuisine ici, le programme est confronté à un problème d’ordre général de la communauté. « A Dogohoué-Fikoué à Kissamey, on a constaté qu’en période d’abondance, la tomate coûte pratiquement moins chère et parfois même les gens sont obligés à cause de la grande perte de laisser ça dans le champ. A Kissamey, ils ont surtout cette difficulté de conservation des produits. Ils souffrent. A une période de l’année, la tomate pourrit dans les champs. Et dans le même temps, à un moment donné de la mise en œuvre du projet -PNASI, ndlr-, vous avez encore besoin de cette tomate qui se fait très rare. Et c’est le Burkina qui amène la tomate sur le marché. C’est difficile », nous raconte Brice Koko SEGLA, Directeur exécutif (DE) de l’Ong Groupe de recherche et d’appui aux initiatives de base pour un développement durable (GRAIB). C’est l’Ong contractée par le Programme alimentaire mondial (PAM) pour superviser la gestion de la cantine scolaire dans les communes d’Aplahoué, Lalo et Klouékanmè dans le département du Couffo.  

Brice Koko SEGLA, Directeur exécutif (DE) de l’Ong GRAIB

En saison sèche, le comité de gestion de la cantine dans cette école devrait faire face à un coût très élevé de la tomate, la bassine de 2000 F qu’il doit désormais payer à 4000 voire 5000 F Cfa, alors qu’il y a quelques semaines ou mois en arrière le produit était en abondance et même abandonné dans des champs. Quelle perte !

Très tôt, les acteurs intervenant dans la gestion de la cantine scolaire à l’EPP Dogohoué-Fikoué mobilisés avec un engagement personnel de la directrice de l’école, trouve la solution qui se révèle aujourd’hui un succès. L’EPP Dogohoué-Fikoué s’est rendue autonome et dispose désormais de la purée de tomate sur l’ensemble de l’année scolaire. « A plein temps, nos enfants consomment de la tomate fraiche », confie la superviseure PNASI pour le compte de l’Ong GRAIB, Salgrice HOUSSOU. C’est grâce à la mise en pratique d’une technique de conservation.

superviseure Salgrice HOUSSOU.

Comment marche la solution de Dogohoué-Fikoué ?

Il s’agit d’une technique réaliste, à en croire le DE de GRAIB. « Nous les avons formés par rapport aux techniques de conservation. Il fallait leur trouver des techniques qui sont accessibles par rapport au prix et au matériel. Nous avons proposé des techniques qui leur permettent d’utiliser les matériaux locaux et aussi ce qui est à leur porté pour pouvoir conserver leurs productions», informe le DE.  

la directrice de l’Epp Dogohoué-Fikoué, Blandine DAO.

Dans l’application, pendant la haute saison, celle où la tomate est en abondance sur le marché, « la directrice de l’école s’approvisionne dans le marché kissamey et directement auprès de certains producteurs » en plus de ce qui est produit dans le champ de l’école. S’en suit un tri porté sur « les tomates mûres, rouges et à textures ferme, sans moisissures ni maladies ». Cette sélection est bien nettoyée avec l’eau propre puis écrasée au moulin. Le produit obtenu est bouilli jusqu’à évaporation complète de l’eau contenue dans les fruits avant d’être embouteillé dans des bouteilles de mayonnaise entre temps bien préparées aussi. Une petite quantité d’huile est ajoutée ensuite à la purée dans chaque bouteille qui devra passer à nouveau à chaud dans de l’eau. « Avec les techniques de conservation enseignées, la purée peut durer un an si le diagramme enseigné est rigoureusement observé », indique Brice Koko SEGLA. Sur toute la ligne, une attention particulière est accordée à l’hygiène pour une bonne conservation du produit, dira la superviseure Salgrice HOUSSOU. « On prend tout le temps de préparer les bouteilles et on prend bien soin du système d’embouteillage », rassure-t-elle. 

La quantité conservée suit les besoins évalués pour pouvoir couvrir l’entièreté de l’année scolaire, à en croire la directrice de l’Epp Dogohoué-Fikoué, Blandine DAO. « En petite saison sèche, si la tomate coûte moins chère, on calcule le nombre de temps qu’il reste pour terminer l’année scolaire et le nombre de bouteille que nous utilisons par semaine et nous tenons compte de ça pour en acheter en plus de ce que nous avons produit nous même à l’école. C’est ça que nous travaillons et conservons. Donc c’est sur calcul », affirme la directrice. Pour l’année scolaire en cours, 100 bouteilles de purée de tomate sont mises à disposition de l’école épargnée désormais de dépenser 1000 à 1500 FCFA par jour pour l’achat de tomate. Ce coût, c’est quand la tomate est moins chère. Le fonds économisé alors est utilisé pour, entre autres, offrir de la protéine animale dont les œufs aux enfants sur chaque repas journalier, à en croire la superviseure. Certes, ce n’est pas encore suffisant mais c’est déjà un début, défend-t-elle.

De la culture du maïs

Les atouts de l’Epp Dogohoué-Fikoué

A l’Epp Dogohoué-Fikoué, la communauté accompagne le programme des cantines scolaires par d’autres initiatives en dehors de la tomate. Entre autres, la culture du maïs, sésame, piment et des légumes. Ce sont de vastes champs rendus possibles du fait que l’école dispose plus d’un hectare d’espace non occupé. C’est rendu aussi possible grâce au leadership de la directrice de l’école. Au-delà de l’institutrice, elle est une productrice agricole. Blandine DAO confie qu’elle est née de père et mère paysans et continue elle-même de pratiquer le champ. Avec cette veine, elle a entraîné ses collègues instituteurs et les parents d’élève à travailler avec elle dans les champs de l’école les mercredi et samedi. 

Aussi du niébé

Aussi, la communauté autour de cette école bénéficie-t-elle du retour des formations que suivent les membres de l’équipe-terrain de l’Ong GRAIB avec l’Agence territoriale de développement agricole (ATDA) et la Direction départementale de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (DDAEP). « Il y a des spécialistes de ces cultures que nous sollicitons pour accompagner l’équipe et à leur tour, ils vont sur le terrain accompagner les communautés pour la mise en place des jardins scolaires. Il y a les bonnes pratiques en matière de production de tomate qui sont partagées avec ces communautés. Quand le champ est installé à l’école, les producteur-repères viennent pour accompagner l’initiative pour améliorer cette productivité », informe le DE de GRAIB. A ses dires, les priorités en matière de cultures et besoins de formation sont discutées et retenues ensemble avec les communautés en Assemblée générale villageoise. 

Tout ceci constitue une grande chance pour la cantine scolaire à l’Epp Dogohoué-Fikoué. Mais ces acteurs soufrent de manque de point d’eau et aussi de la destruction parfois des parties des champs par les bêtes du fait que l’école ne soit pas clôturée. « Pour l’instant, les enfants vont faire la queue au niveau du puit du village pour amener de l’eau. Dans la grande saison sèche, nous n’arrivons pas à entretenir notre jardin », pleure la directrice Blandine DAO. « Si on avait un point d’eau, je suis sûr qu’on fera encore plus de merveilles », affirme la superviseure Salgrice HOUSSOU.

Aussi du césame dans cette école

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