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Cantines scolaires: L’EPP Tossouhoué construit sa cuisine moderne à partir de son champ

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(Vers l’opération zéro achat de piment, zéro achat de tomate)

La communauté environnante de l’Ecole primaire publique de Tossouhoué dans la commune de Dogbo au Bénin parvient à se prendre en charge face à certains besoins liés non seulement au bon fonctionnement mais surtout à la pérennisation du programme des cantines scolaires dans cette école. C’est à partir de diverses initiatives. Actuellement, elle est sur la construction d’une cuisine moderne presque achevée, et ce, sur fonds propre provenant du champ et du jardin de l’école.

La première cuisine de l’école

« Avant la rentrée scolaire prochaine -2023, 2024, ndlr-, tout serait prêt. On aura notre cuisine moderne complètement achevée sur fonds propre de l’école à partir des travaux du champ et du jardin ». C’est avec fierté que Firmin Kokou TOSSOU, directeur de l’Ecole primaire publique de Tossouhoué, nous le confie dans l’après de ce mardi 23 mai 2023. C’est le fruit de la contribution des parents d’élève, des enseignants, des médiateurs et des élèves à la gestion du Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI) dans cette école dont l’effectif est passé de 149 en 2016 à 354 en 2023. 

Firmin Kokou TOSSOU, directeur de l’Ecole primaire publique de Tossouhoué,

Le directeur rapporte qu’en effet, la sensibilisation des populations pour leur implication dans cette gestion a abouti à des initiatives dont la culture de champs et d’un jardin puis la mise en place d’une unité d’élevage. « Grâce aux sensibilisations, nous avons pu mettre les parents à contribution, et depuis trois ans, nous ne cessons de faire de la production agricole », informe-t-il. 

La première expérience en 2019 fut la culture du niébé sur une superficie d’environ 350mètres carrés. La récolte leur a permis de réaliser un bénéfice de 51.000 F CFA. Pour le comité de gestion, il fallait entamer la résolution à petit pas de ce dont l’école manque pour une cantine scolaire moderne. Leur choix a été porté sur la construction d’une cuisine moderne qui, pour eux, est une infrastructure indispensable pour garantir l’hygiène et la qualité des repas. Certes ce premier fonds issu du champ était largement insuffisant pour y arriver, mais ils ont démarré quand même les travaux. « C’est progressivement qu’on est en train de construire la cuisine. L’année qui a suivi, nous avons encore produit le niébé mais on a doublé la recette. On est allé au-delà de 100 milles francs Cfa. On a poursuivi les travaux. », rapporte le directeur de l’école. 

L’année passée, le comité a décidé de changer de spéculation. « Nous nous sommes dits que faire la même culture sur le même sol sur plusieurs saisons n’est pas bon pour le rendement ; il fallait varier. On a expérimenté l’arachide », nous relate le directeur. La première expérience a été sur environ 400 mètres carrés. Elle leur a permis de faire la toiture de la cuisine en tôle. 

Le champ d’arachide

Pour cette année 2023, ils sont passé au triple de l’espace emblavé. C’est dans la perspective d’assurer les travaux restant à savoir mettre la porte, réaliser le crépissage et le cimentage puis faire l’étagère pour que les ustensiles de cuisine ne trainent plus par terre. Le directeur et son équipe sont certains de pouvoir mobiliser les fonds nécessaires sur le vaste champ d’arachide cultivé cette année. La récolte aura lieu dans deux semaines, d’après le maître cantine.

Opération zéro achat de piment, zéro achat de tomate

La concrétisation de ce projet de construction de la cuisine est loin d’être la fin de la mobilisation communautaire dans cette école. Au contraire, c’est une source d’assurance de ce qu’elle pourra arriver à faire face à d’autres difficultés. Dans cette perspective, le comité produit aussi du maïs pour la vente ; fait de l’élevage ; produit des légumes ; etc. Actuellement, l’école expérimente une technique agricole pour pouvoir faire des cultures même hors saison. Le comité de gestion annonce dès l’année scolaire prochaine, « l’opération zéro achat de piment, zéro achat de tomate ». La culture démarre d’ici trois semaines, quelques jours après la récolte de l’arachide. Les pépinières sont déjà disponibles. 

L’unité d’élevage

Tous les acteurs impliqués sont certains de ce que l’espace prévu leur permettra d’assurer le besoin en ces condiments sur toute l’année scolaire. Leur seul souci pour l’instant est comment réussir la conservation. A ce sujet, la superviseure Eléonore Ahogbégnon Dossou rassure : « Il y a des médiateurs qui ont des connaissances dans ce sens. C’est parce que le produit n’est pas encore disponible ici qu’on ne leur a pas enseigné les techniques. Donc en son temps, on va solliciter les équipes qui savent le faire pour les accompagner dans la conservation ». Pas si loin d’eux, l’école primaire publique de Dogohoué-Fikoué à Kissamey dans la commune d’Aplahoué à une belle expérience en la matière. « Il y aura le partage d’expériences », dira le superviseur Gilmar BAKARY. Notons que l’EPP Tossouhoué dispose de plus de 8000 mètres carrés un peu moins d’un hectare cultivable qu’elle exploite. 

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