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Bénin : PNASI, un cas pratique de stimulation de la production agricole et de l’achat au niveau local

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« Stimuler les systèmes locaux d’approvisionnement alimentaire et les chaînes de valeur régionales : le rôle de la ZLECAf pour les programmes d’alimentation scolaire durable et l’amélioration de l’apprentissage ». C’est le thème de la célébration ce jour, 1er mars 2023, de la 8ème édition de la Journée Africaine de l’Alimentation Scolaire (JAAS). A l’aune du parcours 2017-2023, le Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI) au Bénin se révèle un exemple concret et un modèle réussi du premier segment de ce thème, spécifiquement, la stimulation de la production et de l’approvisionnement au niveau local.

L’alimentation scolaire au Bénin va au-delà d’un repas, chaque jour de classe, à plus d’1,1 millions d’élèves dans 5350 écoles, soit un taux de couverture de 75% pour l’instant. L’initiative d’alimentation scolaire mise en place par le gouvernement béninois et exécutée par le Programme alimentaire mondial (PAM) intègre d’autres aspects comme l’indique son nom. « On parle de Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI) parce qu’il ne concerne pas uniquement la fourniture de repas au niveau de l’école mais cela prend également en compte d’autres secteurs qui contribuent à la mise en place d’une alimentation scolaire de qualité », souligne le représentant résident du PAM au Bénin, Ali OUATTARA.

C’est un programme qui permet de booster la production agricole et aussi l’économie locale à cause des achats au niveau national. Mais il ne s’agit pas seulement d’achat. « Dans le cadre de la mise en œuvre de notre programme, en dehors des achats que nous faisons au niveau local, nous apportons également notre appui aux producteurs pour leur permettre de produire en qualité et en quantité », informe Ali OUATTARA. C’est à travers un système de stimulation de la production et de l’approvisionnement au niveau local, renforcé d’année en année, à en croire le représentant résident. « A ce titre-là, nous travaillons de concert avec d’autres acteurs notamment le ministère de l’agriculture pour voir comment on peut stimuler et renforcer la production locale », affirme-t-il.

Le bon des chiffres des achats locaux de 2020 à 2023

De façon concrète, le renforcement d’année en année de ce système induit l’augmentation très rapide du taux des achats de vivres au niveau local. « En 2020, nous avions acheté 5500 tonnes de vivres (maïs et niébé) au niveau local pour un montant de 2,2 millions de dollars. C’est au cours de cette année que nous avions signé un mémorandum avec le ministère de l’agriculture. La mise en œuvre de ce mémorandum n’étant pas effective à cette période, il n’y avait pas eu d’achat auprès des petits producteurs. Donc les 5500 tonnes de vivres ont été achetés au niveau local mais auprès des commerçants institutionnels. En 2021, de 5500 tonnes, nous sommes passés à 6700 tonnes achetées au niveau local dont 300 tonnes auprès des petits producteurs (c’était le début de la mise en œuvre du mémorandum). En 2022, nous avons acheté en tout 8750 tonnes dont 901 tonnes auprès des petits producteurs pour un montant de 4,4 millions de dollars dépensé pour les achats au niveau local. », expose le représentant résident du PAM au Bénin, Ali OUATTARA. 

L’année 2023 présage d’un bon exponentiel. Pour preuve ! Le PAM indique qu’il a déjà acheté au cours des deux premiers mois de 2023, 12600 tonnes de vivres sur le plan local dont 410 tonnes auprès des petits producteurs. « L’une de nos actions prioritaires, c’est de promouvoir les achats auprès des petits producteurs. De 901 tonnes en 2022, nous ambitionnons achetés au moins 7000 tonnes auprès des petits producteurs en 2023. Nous allons bon an mal an tourner autour de 15000 tonnes d’achat au niveau local avec une bonne proportion pour les petits producteurs.», annonce le représentant résident. « Mais l’ambition à terme, c’est d’acheter quasiment tous les produits au niveau local. Ce que l’on peut dire aussi, indépendamment de la question d’approvisionnement local et régional, tous les chiffres que j’ai donnés concernent les céréales, exactement le maïs, le haricot et dans une faible proportion le riz au niveau local. Le souhait est d’ajouter d’autres produits locaux fabriqués par des usines locales. C’est dans ce sens que nous allons acheter de l’huile au niveau local auprès de la Société béninoise d’huilerie. Un aspect aussi intéressant, c’est l’achat de riz auprès d’une société qui fait l’égrenage au niveau local. Nous comptons véritablement étendre nos champs d’action pour contribuer à la promotion de l’approvisionnement au niveau local », renseigne-t-il.

En perspectives

Pour y arriver, le PAM, à la mise en œuvre de ce programme du gouvernement du Bénin, multiplie les innovations. Actuellement, et ce, depuis deux mois, le processus de regroupement des petits producteurs en coopérative est en cours pour ne pas avoir « à traiter avec de petites organisations paysannes avec de petites quantités ». « Nous sommes en train de les encourager à se regrouper pour que le PAM puisse travailler avec 2 ou 3 faitières afin de faciliter la question d’approvisionnement », informe le représentant résident. C’est dans la perspective de renforcer la capacité de ces petits producteurs de sorte qu’ils puissent livrer directement aux écoles dans les zones où ces groupements ou organisations paysannes se trouvent. Aussi, à travers le PNASI, le PAM a-t-il en perspectives, au sujet de produits locaux et de valorisation de chaînes de valeur, de doter en équipements appropriés certains groupements féminins de certaines localités qui vont assurer la transformation des produits locaux et qui seront mis en connexion avec les écoles pour l’achat de ces produits transformés. 

Il est à noter que la pérennisation et le renforcement de tout ce système ainsi que la concrétisation des nouvelles ambitions dépendent aussi de l’implication de différents acteurs. « Je demanderai l’engagement de tous. Nous avons un très bon engagement du gouvernement ; que toutes les autorités au niveau local puissent aussi accompagner le PAM pour pouvoir assurer une mise en œuvre efficace des opérations ; aussi l’engagement des communautés pour accompagner la mise en œuvre des cantines scolaires est très important parce qu’un programme d’alimentation scolaire ne peut être efficace, ne peut être durable sans leur accompagnement », plaide Ali OUATTARA, le représentant résident du PAM au Bénin.

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