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Soins chirurgicaux, obstétriques et anesthésiques en Afrique subsaharienne: Le rapport d’évaluation 2022 révèle de lourdes lacunes et disparités

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Le rapport de l’évaluation du système sanitaire en Afrique subsaharienne menée en 2022 dans le cadre de l’initiative Chirurgie Afrique 2030 rend compte d’énormes disparités et lacunes en termes d’accès aux soins chirurgicaux, obstétriques et anesthésiques dans la région. Les résultats présentés le lundi 20 novembre 2023 à Cotonou par le groupe de recherche coordonné par Dr Pierre M’Pélé nécessitent des réponses d’urgence.

Quel est l’état du système sanitaire en Afrique subsaharienne à quelques années de l’horizon 2030 ? La réponse dans le rapport de l’évaluation du système sanitaire en Afrique subsaharienne menée en 2022. C’est dans le cadre de l’initiative Chirurgie Afrique 2030 sous la coordination de Dr Pierre M’Pélé pour encourager tous les investissements et les actions coordonnés mis en œuvre en Afrique au niveau des hôpitaux de districts et au niveau national dans le contexte de la résolution 68.15 de l’Assemblée Mondiale de la Santé et de la Déclaration de Dakar (mai 2022).

Les résultats de l’évaluation ont été présentés le lundi 20 novembre 2023 à Cotonou. Menée dans 601 hôpitaux de district de 32 pays d’Afrique subsaharienne, cette étude a touché divers domaines du système sanitaire dont les infrastructures, les ressources humaines, la prestation de services, la gestion de l’information, les finances, la gouvernance et le leadership.

Les résultats de cette évaluation mettent « en lumière la vulnérabilité et la faiblesse des systèmes de santé dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne ». Spécifiquement sur l’accès aux soins chirurgicaux, obstétriques et anesthésiques dans la région, l’évaluation dresse un tableau sombre. Elle rapporte des faits qui prouvent que « la chirurgie est une composante particulièrement négligée des systèmes de santé en Afrique ».  Et pour preuve ! « 75 % des pays n’ont pas de Plan National de Chirurgie, Obstétrique et Anesthésie;  la densité de professionnels de la santé spécialistes -chirurgiens,  anesthésistes et obstétriciens- est de 1,36 pour 100 000 habitants ; un hôpital de district sur quatre n’a ni eau ni électricité et seul un sur vingt-cinq dispose d’une connexion internet ; 70% des pays ne disposent pas d’un système d’assurance maladie universelle efficace et les populations doivent encore payer de leur poche pour les services de santé ; et seulement 26,3 % des hôpitaux de district sont en mesure de fournir une transfusion sanguine dans les deux heures suivant la demande », mentionne le rapport.

Des recommandations

Ce rapport montre que l’amélioration de l’accès à des soins chirurgicaux de qualité pour tous demeure un défi central pour l’atteinte de la couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030. Le groupe de recherche appelle à un engagement politique et une mobilisation communautaire pour accroître les investissements dans l’amélioration des systèmes de soins chirurgicaux, obstétriques et d’anesthésie. 

Il recommande aux Etats d’ « accroître la densité professionnelle à au moins 20 professionnels pour 100 000 habitants dans 100 % des pays, garantir l’accès aux soins dans les 2 heures à 80 % des patients d’ici à 2030, augmenter le nombre d’opérations chirurgicales à 80% d’ici 2020 et 100% d’ici 2030 soit 5000 pour 100 000 habitants,  éliminer radicalement les risques de la mortalité périopératoire d’ici à 2030 puis assurer la protection contre les risques financiers à 100% d’ici 2030 dans tous les pays concernés par l’évaluation ».

Rappelons que l’Initiative Chirurgie Afrique 2030 se focalise sur la mise en œuvre de la Déclaration de Dakar pour l’amélioration de l’accès à des soins chirurgicaux, obstétriques et d’anesthésie abordables, sûrs, opportuns et équitables en Afrique d’ici 2030, ainsi que sur son Plan d’action régional 2022-2030 visant à intensifier les interventions et renforcer les systèmes de soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques en vue d’atteindre la couverture sanitaire universelle.

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